mardi 24 mars 2009

mon oeil


Je me suis levé et un coquard est venu s'héberger chez moi.

L'oeil gauche. Quelque chose d'assez panaché, passant par toutes les couleurs, jaune, rose, violet.

Celles la, je les ai remarqué. Les autres sont plus nuancés.


Au départ, je pensais m'être battu avec un moustique. Et que la partie fut vite fini.

KO sur un round par une piqure à l'œil.


Aujourd'hui, j'ai été voir le médecin. 

L'ophtalmologiste, elle m'a dit, je ne vois point de piqure, point d'infection.

C'est un bleu, ce n'est pas grave, cela va passer.


Avant hier, on me disait, bah alors ton œil, que ce passe t'il?

Je répondais, tu sais parfois l'alcool me fait des choses toute drôle à l'œil. Ne t'inquiète pas!

A force de redondance, de questions et au bout de quelques dizaines d'heures de questions, juste par curiosité, j'ai cherché un miroir.

J'y ai vu un œil bien violacé. La paupière bien gonflé, virant plutôt au rose. Cela ressemblait pour beaucoup à un coquard.


Maintenant je doute. Me serais je battu avec un moustique, une araignée, un balai ou un poing?

Je n'hésite pas parce que je ne sais pas.


Quoi dire, je ne sais plus.

J'arrête les soirées pour la semaine.

C'est une jolie phrase. Je pourrais dire cela.

Pourquoi pas même le faire.


Tout ce que je sais, avec une pointe de fierté, c'est que l'on me surnomme désormais:

« le Don Quichotte du bar. »




J'aimerais quand même que mon opticien me répare les lunettes rapidement.

Ce serait plus sexy.

Samedi m'a t'il dit!

dimanche 15 février 2009

Poid


Je bourre, j'y met tout mon poid pour que cela ferme.

Ayez, je crois que j'ai tout rentré, tout enfoui.

Le seul souci, c'est que la serrure n'est pas très solide.

Tout est prêt à sauter.

Mais bon. C'est tout ce que j'ai trouvé.


Au fond, c'est mieux ainsi.

Tout entasser quelque part,

au lieu d'évacuer, ranger ceci

au fond de son coeur.


Bien enfouir.

En espérant oublier ces vieux paquets.

Ou les ressortir le temps venu.


Pour le moment, on espère que ça tiendra.

Que ça ne craquera pas!

jeudi 22 janvier 2009

Vents


Je me laisse dériver.

Les vents sont violents,

Ils s'affrontent violemment dans un bruit de fureur.

Et de ferveur.


Ils sont contraire

mais font partie d'un même père.


Ils se lèvent avec les mers d'alcools,

les pluies d'acides,

se reposent parfois.

Par les nuits apaisantes.


Ils bouleversent mon corps, transpercent mon cœur,

laissant s'échapper toutes mes envies, mes peurs, mes craintes.


Parfois j'aimerais le calme plat,

que mon corps ne se transforme pas en furie.

Violente tempête faisant trembler la carcasse qui m'héberge.


J'aimerais un peu de calme là dedans,

tenir à nouveau cette barque vers cet horizon radieux que l'on nous promet.

mercredi 14 janvier 2009

Marche


Je m'assois dans un coin, je regarde à gauche, à droite.

Et j'y vais!

J'enlève ma carapace.

J'attends, je veux voir ce que c'est.

Un froid glacial m'envahit. C'est que c'est dur d'être nu!


J'espère y voir plus clair, être plus libre,

devenir léger.

Parce que,

ça a un poids d'endosser une armure comme la mienne.

Et ce n'est pas toujours évident à porter.


Je me lève, et j'y vais.

Je marche.

La route est toujours aussi sinueuse.

J'ai peur de laisser mon blindage sur le côté.

Ce sont ces rencontres sur la longue route,

qui m'ont pousser à l'enlever.


J'ai froid, j'ai peur.

Je ne sais pas ce qui m'attend

maintenant que je n'ai plus de protection.

Si quelqu'un pouvait me tenir fort la main.

M'accompagner le temps d'une marche.


J'hésite, je me retourne.

Je ne l'aperçois plus.

Ayez, je suis seul et nu.


N'aie pas peur, au pire tu pourras t'en confectionner une autre.

Une carapace.


vendredi 2 janvier 2009

autoportrait


Quand je lui ai demandé un rêve,

le garçon m'a dit:


Un rêve c'est quelque chose de joli.

Un rêve, c'est quelque chose qui se réalise.




Quand je lui ai demandé une chanson,

la chanteuse m'a dit:


J'avais rêvé d'avoir un homme,

un vrai de vrai bien balancé,

mais je me suis chipé pour la pomme,

d'un avorton, complet'ment j'té.

Ce n'est pas un apollon mon jules,

il n'est pas taillé comme un hercule.

Malgré qu'il est bien des défauts,

c'est lui que j'ai dans la peau.


Refrain

Tel qu'il est, il me plait,

il me fait de l'effet,

et je l'aime.

C'est un vrai gringalet,

aussi laid qu'un basset,

mais je l'aime.

Il est bancal,

du côté cérébral

mais ça m'est bien égal,

qu'il ait l'air anormal

C'est complet, il est muet

ses quinquets sont en biais

C'est un fait que tel qu'il est,

il me plait.


Le travail pour lui c'est la chose

la plus sacrée, il y touche pas.

Pour tenir le coup il se dose,

de quintonine, à tous les r'pas,

Ce qui n'est pas marrant c'est qu'il ronfle,

on dirait un pneu qui se dégonfle.

Et quand il faut se bagarrer,

il est encore dégonflé.



Sans le vouloir, un petit garçon et une femme ont écrit un beau portrait de moi.

Merci, ce n'était pas évident.

vendredi 26 décembre 2008

quatre années


Pas si loin.

Ce week end, je suis parti à la mer. Et ce week end j'ai aimé. J'ai aimé quelqu'un. Ou du moins j'ai rencontré quelqu'un. Quelqu'un de bien.

Enfin j'en sais rien.

Un pressentiment.

Elle porte le doux nom de "Résurrection". Résurrection est son nom.

Et avec Résurrection on a fait l'amour. Et c'était bien.

Vraiment bien. Et on a encore fait l'amour,
souvent. J'étais bien à ses côtés.

Je l'ai rencontré et
je .. j'aimerais qu'elle soit là ce soir.

Avec elle c'est différent. Il y a quelque chose. Je ne sais pas pourquoi mais je le sens.
Je le sens bien. J'ai froid et j'aimerais qu'elle soit là.
Juste pour un baiser.
Un baiser juste comme ça...

Il est temps que je finisse d'écrire.
Maintenant mon coeur palpite. Il faut que mon corps s'agite.

Penser à moi.
Pour Elle.

Maintenant un sentiment s'ancre dans mes tripes. 

Je le sens, la machine se dégrippe.

Cela faisait longtemps. C'est réconfortant.

C'est plutôt bien.

Je tourne la page.

Une page se tourne, et une autre s'écrit. Pour combien de pages. Beaucoup je l'espère.

Je tourne la page.


J'ai froid, normal je suis seul: il faut que je boive.

Mais elle n'est plus très loin,

maintenant je le sais.



Hier.

J'ai un trou au coeur. Quelqu'un s'y est creusé un nid.

Ce n'est pas un oiseau, c'est un ange.

Elle porte des lunettes noires mais a les yeux gris souris.

Sweet rock'n'roll.



Maintenant.

J'ai un trou au coeur. L'ange a pris son envol.

Elle est belle et ses ailes sont grandes. Elle ira loin,

la vie l'emmènera dans un tourbillon de belles choses.

Elle ira loin et fera son nid. Ailleurs.


Reste moi, seul

et mon coeur saigne de l'amour que j'ai porté pour elle.

Et quand cela cessera, mon coeur sera sec.

Restera un trou,

 une cicatrice à jamais ouverte.

vendredi 19 décembre 2008

poème

Hier une belle femme m'a abandonné un poème, jeté à moi, dans la rue, à même le trottoir.

Seul quatre mots encore se cognent, se bousculent et trébuchent dans ma tête.


J'étais ta femme

Tu es devenu mon âme

Toi mon homme

qui rôde tel un fantôme.


Non je ne suis pas sûr.

L'alcool, la mémoire, tout est devenu flou,

reste ce regard, cette bouche qui me dit:


Gentil homme

tu me donne ton âme

Tu es devenu fantôme

de cette mauvaise femme.


Non, tu n'as pu dire ça, tu n'as jamais été mauvaise, jusqu'au bout, tu as été bonne.


A toi est mon âme

pendant longtemps, tu as été mon homme

j'ai été ta femme

et aujourd'hui je deviens ton fantôme


Oui peut être. Peut être est-ce ceci que tu m'as dit.


Rarement j'ai eu droit à un poème.

C'est gentil d'avoir pensé à moi.

Restera ces quelques bribes, ses quatre petits mots.

Cela je m'en souviendrais. Sûr.



mardi 9 décembre 2008

Toi, moi


Merci pour cette nuit. Encore une fois tu m'as accompagné. 

Et encore une fois, tu ne m'as rien dit.

Alors que tu étais fatigué. Épuisé.


La nuit, c'est là où tu récupères.

Parce que le matin, on ne te donne pas le choix d'être présent. D'être là!

Parce que, tu t'arrêterais, ce serait la fin.

La fin de tout. La fin de nous.


Hélas je ne te donne pas de repos.

Jamais je ne pense à toi.

Je te nourris. Parfois.

Je t'irrigue. Mais de quelle façon!

Et toi tu ne dis rien.

Tu m'as toujours suivi au bout de mes caprices.

Tu ne m'as jamais fait défaut.


Tu ne m'en demandes pas beaucoup.

Parfois je ressens que tu as besoin de t'assoupir. 

Contre un sein. Contre un corps chaud. 

Contre quelqu'un qui penserait un peu à toi.

Juste pour te détendre.


Je te dois bien ça. Je vais faire mon possible.

Promis, je ne serais pas difficile.


Oui, sans toi, je ne suis rien.

Tu es tout.

Tu es mon corps. Tu es mon apparence.

Et aujourd'hui,

c'est pour toi que j'écris.

jeudi 4 décembre 2008

grisaille


J'ai envie de gris.

De monochrome.

Quelque chose qui colle à mon état.

Gris.

Quelque chose qui correspond au temps.

Gris.

Quelque chose qui se fondrait avec le ciel,

avec la mer.

Gris,

c'est bien cela dont j'ai besoin.

De gris.

Un gris souris je crois.


Peindre une toile en gris.

Un monochrome. C'est une idée.


Et la toile se verra en miroir.

Et le miroir me reflétera.

Gris.

Et oui! Je suis gris.


Et ma mouche, elle, elle est noire!

Reste à trouver la couleur.

Et nous serons une jolie palette!


mercredi 3 décembre 2008

Solitude

En ce moment, je vis avec une mouche.

Une belle grosse mouche.

Avec de grosses pattes velues.

Toute noire.


Je lui ai dit,

que si elle voulait partir, elle pouvait.

Je lui ai même montré la sortie.

Tout droit je lui ai dit.

Mais non, chaque soir, quand je rentre, elle est là, collé à la vitre.

Ou posé sur la table, en dessous de la fenêtre

3 jours.

Alors je commence à lui faire la conversation.

« -bah alors! tu te sens bien ici? »

ou

« -tu es perdu? Tu attends quelqu'un? »

Et elle toujours par un « bzzz »,

elle me répond.


Et là je m'interroge?

Faut il que je persévère?

............

Elle n'est plus là, elle a du partir se coucher.

Tant mieux,

car je ne m'étais pas décidé quand à la réponse

à ma question.


Bonne nuit grosse mouche.