Hier une belle femme m'a abandonné un poème, jeté à moi, dans la rue, à même le trottoir.
Seul quatre mots encore se cognent, se bousculent et trébuchent dans ma tête.
J'étais ta femme
Tu es devenu mon âme
Toi mon homme
qui rôde tel un fantôme.
Non je ne suis pas sûr.
L'alcool, la mémoire, tout est devenu flou,
reste ce regard, cette bouche qui me dit:
Gentil homme
tu me donne ton âme
Tu es devenu fantôme
de cette mauvaise femme.
Non, tu n'as pu dire ça, tu n'as jamais été mauvaise, jusqu'au bout, tu as été bonne.
A toi est mon âme
pendant longtemps, tu as été mon homme
j'ai été ta femme
et aujourd'hui je deviens ton fantôme
Oui peut être. Peut être est-ce ceci que tu m'as dit.
Rarement j'ai eu droit à un poème.
C'est gentil d'avoir pensé à moi.
Restera ces quelques bribes, ses quatre petits mots.
Cela je m'en souviendrais. Sûr.
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